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Bayon

Le Bayon est symbolique à plusieurs niveaux. Par rapport à la citée murée d’Angkor Thom, il est le mont-pivot servant dans le barattage de la Mer de Lait, autour duquel s’enroule le serpent Vâsuki.











Celui-ci tient lieu de courroie sur laquelle dieux et démons exercent des mouvements de rotation (on peut les voir aux cinq portes de la ville) en vue d’extraire de la profondeur des eaux la liqueur d’immortalité. C’est ainsi que la cité de Yaçodhara renaît, splendide et désormais immortelle, après quatre d’années d’occupation par les Cham (1177-1181 AD).

En soi, le Bayon est un temple bouddhique du Mahâyâna abritant un Buddha sous nâga appelé Jayabuddhamahânâtha, nom qui recèle celui du roi constructeur : Jayavarman VII. L’idole a connu des péripéties en raison des changements de religions. Aujourd’hui elle est installée au Vihear Prampil Lvèng, sur l’avenue de la Victoire.

Le Bayon matérialise le rassemblement de toutes les énergies du royaume. Des cartouches d’inscriptions gravées sur les piédroits de plusieurs chapelles indiquent que les dieux des différentes provinces, parfois de simples dieux locaux, avaient leurs statues ici.

Le Bayon est remarqué pour plusieurs caractéristiques propres. Ses tours à visages, qu’on qualifie parfois d’« énigmatiques », ne manquent pas de susciter étonnement, explications et débats, et de nourrir la verve créatrice des auteurs et poètes. Ses galeries, surtout la galerie extérieure aujourd’hui privée de voûte, portent d’étonnants reliefs sur leurs murs.

Les Chinois apparaissent dans plusieurs endroits, sous forme de corps de fantassins, de commerçants ayant des Khmères pour épouses, d’ivrognes dansant sur une embarcation… Ailleurs saltimbanques sur la place du marché, constructeurs traçant une route, femmes préparant des brochettes de poissons, femmes souffrant on ne sait trop de quel mal, … sont autant de scènes émouvantes montrant la vie quotidienne du peuple.

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