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Angkor Vat

De tous les sites antiques khmers, Angkor Vat est sans nul doute le plus remarquable, en taille et en magnificence. Erigé au XIIè siècle sous Sûryavarman II, c'était la demeure de Vishnu, séjour dont le roi souhaitait jouir aussi longtemps que possible, une fois mort. Peut-être la construction a-t-elle nécessité une trentaine d'années de dur labeur.
A l'"Epoque moyenne", notamment au XVIè siècle, Angkor Vat, alors connu comme Preah Pisnulok (nom posthume du roi constructeur), devint lieu de pèlerinage bouddhique non seulement national, mais encore régional, pour ne pas dire asiatique.
Aujourd'hui, le peuple khmer voit en Angkor-la-Petite (autre nom d'Angkor Vat) le symbole de sa Nation.

 

 

Galeries des Bas-Reliefs

Cette galerie tournante et ouverte vers l'extérieur porte des bas-reliefs très riches : scènes historiques et épopées diverses. Pour la plus grande partie, ces reliefs furent exécutés pendant et légèrement après le règne de Sûryavarman II. Seuls les panneaux de la galerie Est côté Nord (No 5) et de la galerie Nord côté Est (No 6) avaient été laissés libres. Ce n'est qu'au XVIè siècle qu'ils furent remplis de sculpture. Ici on remarque aisément la baisse de la qualité plastique, due à la longue rupture de la tradition de la fresque sculptée. Scènes :
1- Bataille de Kurukshetra, entre les Pandava et les Kaurava.
2- Scènes histoiriques remontant au règne de Sûryavarman II.
3- Paradis et Enfers. Jouissance du bonheur et Souffrance, conséquences des actes commis dans le passé.
4- "Barattage de la Mer de Lait" : Se servant du serpent Vâsuki comme corde pivotant autour du Mont Mandara, dieux (partie nord) et démon (partie sud) barattent la Mer de Lait afin d'en extraire la Liqueur d'Immortalité.
5- Victoire de Vishnu sur les Asura.
6- Victoire de Krishna sur Bâna.
7- Combat des Dieux.
8- Bataille de Lankâ.

Preah Poan

Le nom de cette galerie cruciforme -les Mille Buddha- date de l'Epoque moyenne, lorsqu'Angkor Vat voyait son prestige se répandre dans toute l'Asie, chez les buddhistes du moins.
Au cours du temps les fidèles ont installé ici un grand nombre de statues du Buddha en pierre, en bois et en métal pour le culte, d'où l'appellation du lieu. Certaines sont encore en place, d'autres exposées ou conservées dans divers lieux. D'autres encore sont perdues à jamais, pour différentes causes. Au point de vue stylistique on peut parler d'une véritable école statuaire Angkor Vat.
Des 41 inscriptions de l'Epoque moyenne dénombrées à Angkor Vat la plupart figurent ici, sur les piliers. En khmer, parfois renfermant des passages en pâli, elles couvrent les XVIè-XVIIIè siècles et relatent des œuvres pies réalisées en ce Pisnulok. Les auteurs y font "vœu de vérité" et déclarent leur "foi pure" dans la religion du Buddha.
La famille royale y a aussi laissé des inscriptions, dictée par la même motivation. L'apport de ces écrits lapidaires est considérable à la connaissance sur l'idéologie du buddhisme theravâda de cette époque. On remarque également quelques inscriptions en d'autres langues : birmane, japonaise...

Bakan

A l'origine le sanctuaire principal de ce "Massif central" était ouvert aux quatre directions, et contenait problement une statue de Vishnu, l'idole suprême du temple. Plus tard Angkor Vat est devenu un des centres de pèlerinage buddhique, et au XVIè siècle les portes de la tour centrale furent condamnées. Un Buddha debout fut sculté en haut-relief sur chaque mur ainsi formé. Aux fins de recherche, en 1908, on a ouvert le mur Sud. Mais ce n'est qu'en 1934-35 que des fouilles systématiques furent entreprises. Le Vishnu escompté n'a pas été trouvé, mais on a mis au jour plusieurs objets. A 23m au-dessous -la profondeur totale du puits central est de 25m- deux plaques circulaires constituant les dépôts sacrés du sanctuaire furent découvertes.
Il est possible que le bouchage de la tour centrale et sa transformation en sanctuaire buddhique fussent l'œuvre du roi Satha. C'est ce que semble l'indiquer l'épigraphie de cette époque.
Des chercheurs voient en ce saint des saints -le Bakan-
la même signification complexe que celle d'un stûpa. Ici les quatre Buddha du passé et du présent, faces à toutes les directions, entourent le garbha -le sein maternel- qui renferme Maitreya, le Buddha de l'avenir.
Le Bakan illustre de la manière la plus évidente l'évolution et la transformation de ce temple : de sanctuaire brahmanique vishnuïte Angkor Vat est devenu un haut-lieu du buddhisme, et a constitué probablement le moteur de la conversion theravâdine de tout le pays.

Angkor Vat aujourd'hui

Angkor Vat a toujours figuré sur le drapeau national. C'est qu'il symbolise l'âme du peuple khmer, ce peuple qui fut grand.
Depuis le mois de décembre 1992, Angkor Vat, comme d'autres monuments d'Angkor, est classé "Patrimoine Mondial" de l'UNESCO.
C'est un grand honneur pour le Cambodge. C'est aussi une obligation de plus. Nous sommes responsables de sa préservation non seulement devant l'Histoire et à l'égard de nos ancêtres, mais également aujourd'hui vis-à-vis de la communauté internationale.

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