|
|
Phnom Bakhèng
Lorsque, vers la fin du IXè
siècle, le roi Yaçovarman transféra
sa capitale de Hariharâlaya (région de Roluos)
à Yaçodhara (l’actuel « Angkor
») il choisit cette colline de Bakhèng (environ
60m d’altitude) comme centre symbolique. Le Phnom
Bakhèng, en effet, fut alors appelé en khmer
Vnam Kantâl, le « Mont central ». Il y
bâtit la pyramide que voici, comportant cinq gradins,
et dont le sanctuaire central abritait un linga. |


| A la différence des
autres pyramides connues de l’architecture angkorienne,
constituées intérieurement de remblai de sable
fin, le corps de celle-ci est dans l’ensemble taillé
directement dans le roc.
Une étude savante a dégagé à
la fois l’extrême complexité et la totale
cohérence dans le nombre des tours, leur disposition
dans l’espace, et a démontré que l’ensemble
représente matériellement le calendrier cosmique
indien.
Le 16ème siècle semble marquer un renouveau
de ce lieu converti au bouddhisme du theravâda depuis
quelque temps. Devenu un des lieux phares de pèlerinage
d’Angkor, le Bakhèng vit son quinconce de tours
presque entièrement englouti dans un immense Buddha
assis en tailleur (dont la partie inférieure était
encore visible au début des années 1920).
Pourtant c’est dans une inscription de cette époque
qu’apparaît le nom même de « Bakhèng
», « le Viril », ce qui laisse supposer
que le linga du sanctuaire central, même s’il
avait déjà été enlevé,
était du moins présent dans la mémoire
historique collective. Fait curieux mais significatif :
des pèlerins musulmans ont laissé ici une
inscription en arabe louant Allah. La stèle n’a
été déplacée au 20ème
siècle que pour raison de conservation. Sans doute
doit-on attribuer à cela la tolérance bien
connue qui caractérise l’histoire religieuse
du Cambodge. Mais ne faut-il aussi voir là le caractère
très répandu du pèlerinage d’Angkor
?
|
| 
Retour en haut de page |
 |
 |
|