


| Faite de deux gradins, l'île
qui les porte se trouve au milieu (cependant décalée
vers le nord, sur l'axe nord-sud) du premier grand Baray
de la région, l'Indratataka. Comme on le voit, le
réservoir de 3.800m x 800m porte le nom d'Indravarman
(père de Yaçovarman) qui en a commencé
la construction dès le cinquième jour qui
suivait son sacre, ainsi que l'atteste une inscription en
sanskrit.
Les inscriptions qu'on peut encore admirer sur tous les
piédroits présentent un intérêt
exceptionnel, à double titre. Leur calligraphie est
en elle-même une oeuvre d'art, et ceci a été
remarqué et souligné dès les premiers
explorateurs scientifiques de la décennie 1860. Elles
nous renseignent avec un luxe de détails sur le moment
choisi pour la consécration des tours, comme sur
la fine répartition des tâches de plusieurs
centaines de serviteurs affectés à leur culte.
« Lolei » est la corruption phonétique
propre à la province de Siemréap de «
(Harihara) + âlay », à savoir le nom
de la première capitale angkorienne du 9ème
siècle, centrée sur l'actuel Roluos. Lorsqu'il
construisait l'île et les sanctuaires, Yaçovarman
avait déjà en tête la ferme intention
de décaler la capitale vers la région du Phnom
Bakhèng, à une quinzaine de kilomètre
au nord-ouest d'ici, la future Cité de Yaçodhara.
Il n'est pas impossible, même, que le déplacement
se fût effectué en même temps. Le choix
de l'implantation de Lolei au milieu de l'Indratataka, dès
lors, se révèle éminemment symbolique
et significatif, puisqu'il fallait que l'objet de la dédicace
fût placé au coeur même de l'oeuvre du
récipiendaire.
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