Les mesures internationales
Alors que les changements
sociaux, économiques et politiques vers la fin des
années 80 ont amené de nouvelles perspectives
d'avenir pour un développement durable et la sécurité
dans tout le pays, la situation a aussi provoqué
beaucoup de destructions et de pertes. Les ressources culturelles,
naturelles et humaines ont énormément souffert.
Confronté au marché libre et à un futur
incertain beaucoup au pouvoir ont alors cherché à
consolider leur fortune personnelle. À Siem Reap
le trafic d’art illégal ainsi que la déforestation
se sont révélés être très
profitables.
Les conventions internationales
Il est important de souligner que même si les menaces
sur le patrimoine angkorien augmentaient énormément
lors de cette période de transition, il en était
de même des possibiltés des mesures de protection.
En novembre 1991 Son Altesse Royal le Prince Norodom Sihanouk
signe les instruments de l’accession à la convention
de 1972 sur la protection du Patrimoine Culturel et Naturel
Mondial. Ceci complète la ratification des trois
instruments principaux pour la protection du patrimoine
culturel – La Convention de La Haye de 1954 sur la
Protection des Biens Culturels en Cas de Conflit Armé,
la convention de 1970 sur les Mesures à Prendre pour
Interdire et d’Empêcher l’Importation,
l’Exportation et le Transfert de propriété
Illicites des Biens Culturels et la Convention du Patrimoine
Mondial de 1972. Pour finir, la Convention UNIDROIT devrait
être promulguée à brève échéance.
C’est une amélioration importante dans la lutte
contre le trafic des biens Culturels au niveau international.
Présentation d’une requête au gouvernement
des États-Unis pour l’application de mesures
de restrictions sur l’importation du patrimoine culturel
Khmer aux États-Unis
À la suite d’années de préparation,
le Gouvernement Royal Khmer a soumis en avril 1999 une requête
au gouvernement des États-Unis destiné à
imposer des mesures de restrictions sur l’importation
d’objets culturels khmers sur le territoire américain.
La demande se fonde sur les bases juridiques suivantes :
• La loi publique internationale : « la convention
sur les Mesures à Prendre pour Interdire et d’Empêcher
l’Importation, l’Exportation et le Transfert
de propriété Illicites des Biens Culturels
du16 novembre 1970", en particulier l’article
9 « Tout État partie à la présente
Convention et dont le patrimoine culturel est mis en danger
par certains pillages archéologiques ou ethnologiques
peut faire appel aux États qui sont concernés.
Les États parties à la présente Convention
s'engagent à participer à toute opération
internationale concertée dans ces circonstances,
en vue de déterminer et d'appliquer les mesures concrètes
nécessaires, y compris le contrôle de l'exportation,
de l'importation et du commerce international des biens
culturels spécifiques concernés. En attendant
un accord chaque État concerné prendra, dans
la mesure du possible, des dispositions provisoires pour
prévenir un dommage irrémédiable au
patrimoine culturel de l'État demandeur.
• La loi américaine publique : l’«
application de la Convention sur le Patrimoine Culturel
», loi publique 97-446.
La demande si elle est acceptée servira de base
pour prendre des mesures urgentes et de restrictions des
importations américaines afin de protéger
le patrimoine culturel cambodgien. Cette requête contient
suffisamment de preuves et de commentaire démontrant
que la situation actuelle en ce qui concerne le patrimoine
culturel cambodgien est en phase avec les demandes requises
par la loi publique américaine pour pouvoir obtenir
des mesures américaines en phase avec la Convention
de l’UNESCO de 1970.
La Banque de Données
du Registre des Objets d’Arts Perdus
L’Autorité APSARA et l’UNESCO ont en
projet de présenter une banque de données
dénommée Registre des Objets d’Arts
Perdus, qui enregistrera tous les objets volés des
hangars de stockage d’Angkor entre 1972 et 1994. Cette
banque de données spécialisée dans
la lutte contre le trafic illicite d’objets d’art
est largement utilisée par les banques, les assureurs
et vendeurs d‘art pour vérifier la légalité
d’objets qu’ils souhaitent acheter. Des objets
présentés dans le livre le pillage d’Angkor
: Cent objets manquants (de l’ICOM) sont déjà
inclus dans cette banque de données. Même si
les chiffres ne sont pas affinés, il semble que des
centaines d’objets aient disparu de la Conservation
d’Angkor lors de ces dernières décennies
La Restitution de Biens
Culturels volés
Malgré de multiples efforts nationaux et internationaux,
les ventes de Biens Culturels Khmers ont toujours lieu et
même publiquement. Elles ont même pour acteur
de célèbres sociétés d’enchères
des capitales occidentales. Cependant, un progrès
certain a été accompli au niveau international
pour ralentir ce trafic illicite :
• Une tête en grès (inventaire DCA 1664)
a été vendue par Sotheby’s (lots 143)
à Londres en juin 1985. Elle a ensuite été
retrouvée à l’Académie des Arts
d’Honolulu aux États-Unis. Les négociations
pour sa restitution commencèrent en février
1997
• En novembre 1998, l’ancien Premier Ministre
Son Sann demanda aux autorités britanniques d’arrêter
une vente aux enchères à Sotheby’S,
Londres. Deux statues de Vishnu devaient y être vendues.
Ces deux objets portaient toujours leurs numéros
d’inventaire. Cette intervention ne fut pas suffisante
pour empêcher la vente, néanmoins la publicité
qu’elle généra attira beaucoup l’attention.
• Lors de la dernière décennie, la Police
thaïe en collaboration avec la Police National Thaïe
du Département des Beaux-Arts a effectué beaucoup
de saisies. Le matériel est confisqué soit
lors de son transport du Cambodge à Bangkok soit
dans les galeries de Bangkok. La plupart de ces objets sont
conservés au Musée National de Bangkok, en
attente d'identification. Un cas a cependant été
résolu : 13 objets confisqués à une
galerie de Bangkok en 1990 ont été restitués
au Cambodge fin 1996. Ceci représente pour l’instant
la plus importante restitution d’objets au Cambodge.
Une série d’objets en provenance du Temple
de Banteay Chmar, près de la frontière thaïe,
ont été confisqués par les autorités
thaïes en 1999. Conservés au musée de
la Province de Prachinburi, ils seront bientôt restitués
au Cambodge.
• Le 2 juin 1992 lors d’une vente d’art
d’Asie du Sud-est, à Sotheby’s New York,
ICOM a trouvé le torse d’une silhouette féminine
du XI siècle, sur la liste de « Le Pillage
d’Angkor » (première édition page
46, DCA 7081). Elle fut vendue à une galerie Suisse
pour 63.250 $. L’objet fut ensuite restitué
par étape à plusieurs de ses anciens propriétaires.
En août 1996 une galerie d’art de New York (Doris
Wiener Gallery) la récupéra. En mai 1997 la
galerie restitua la statue aux autorités cambodgiennes.
• Une statue en pierre du XIe siècle d’un
Brahma a quatre têtes vendues par Sotheby’s
à Londres le 21 octobre 1993 pour 2. 070 £
fut reconnu comme volé d’Angkor (DCA 3489).
L’objet fut formellement identifié par ICOM
et l’EFEO. À la suite d’années
de négociations entre les autorités cambodgiennes,
Sotheby’s et le propriétaire de l’objet,
celui-ci fut restitué à Phnom Penh le 4 décembre
1996.
• Le Metropolitan Museum de New York avait, lors de
son exposition sur l’Asie du Sud et Sud-est, une tête
brahmanique du début du Xe siècle du dieu
Shiva. Celle-ci a été décapitée
d’une sculpture entreposée à la Conservation
d’Angkor. L’objet est référencé
dans Le Pillage d’Angkor (première édition
page 80, DCA 5729). Le Metropolitan informa ICOM qu’ils
étaient en possession de cet objet. Après
plusieurs années de correspondance entre les autorités
cambodgiennes et le Metropolitan, ce dernier restitua la
sculpture au Cambodge en mars 1997.
• Le même jour le curateur de la collection
d’Asie du Sud et du Sud-est du Metropolitan restitua
au Cambodge une deuxième tête elle aussi listé
dans le Pillage d’Angkor (première édition
page 77. DCA 5602). Ayant été sensibiliser
par une campagne de presse sur la restitution d’objets
volés, le propriétaire un collectionneur américain
délégua le représentant du Metropolitan
pour restituer la tête en son nom.
• En 1993, un objet en possession d’un vendeur
d’art parisien fut retourné à l’ambassade
du Cambodge en France. Il faut noter que le vendeur, sensibilisé
par les campagnes sur la protection du patrimoine culturel
khmer, demanda volontairement aux autorités khmères
de s’intéresser à l’objet volé
de sa collection.
• En 1994, les douanes américaines saisirent
à San Francisco une tête en pierre sculptée.
Après avoir été identifié comme
d’origine Khmère et à la demande du
Gouvernement Royal Khmer, elle fut restituée en juillet
1996 par l’Ambassadeur des États-Unis directement
au Roi qui la fit transférer au Musée National
de Phnom Penh.
• En octobre 1995, les douanes hollandaises saisirent
4 objets d’origine asiatique dans le port de Rotterdam.
Deux de ces objets étaient d’origine Khmers.
Répondant à la demande du Consulat du Cambodge
ces deux objets furent restitués au Cambodge
• Un catalogue publié par Sotheby’s de
Londres le 17 octobre 1996 avec le titre « Arts de
l’Islam et de l’Inde » présentait
deux objets culturels khmers : Un relief du XIIe siècle
en grès d’une divinité féminine
(page 64 du catalogue) et une large queue de balustrade
en grès en forme de Nâga (serpent mythique)
(page 65 du catalogue). Ces objets étaient décrits
comme provenant du Cambodge. Les autorités cambodgiennes
ont demandé à Sotheby’s de restituer
ces objets.
• Un autre objet a été restitué
par le Musée National de Sydney, Australie, en mai
1997.
• En 2000 plusieurs mètres d’un mur décoré
de Banteay Chmar furent saisis à la frontière
Khméro-Thai. Malheureusement, une grande partie de
ce mur a disparu.
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