| Afin de protéger
efficacement les divers sites historiques, comprenant souvent
plusieurs monuments et couvrant une large zone du territoire,
la loi inclut la délimitation des sites protégés.
Effectivement, le patrimoine culturel cambodgien possède
un certain nombre de groupes de Biens Culturels immeubles,
formant chacun un ensemble homogène qui possède
une valeur historique, architecturale et scientifique unique.
Il est important de prendre des mesures de protection particulières
afin de sauvegarder l’intégrité de ces
groupes. La démarcation de ces sites et les mesures
de protection sont inclus dans le Décret Royal du 28
mai 1994 portant sur le zoning et la gestion de la région
de Siem Reap - Angkor. De plus, les sites des monuments et
les réserves archéologiques sont propriétés
publiques, tout bien à l’intérieur de
cette zone est automatiquement classé.
Cet instrument juridique permet au Royaume du Cambodge
de :
• Lutter contre le trafic illicite des biens culturels
en prenant les mesures d’urgence nécessaires
;
• De remplir les obligations de la Convention sur
le Trafic Illicite de 1970 de l’UNESCO et de bénéficier
ainsi des mécanismes protecteurs de cet instrument
international ;
• De garantir par étape une protection efficace
juridique du patrimoine culturel national ;
• De rendre tangible l’inscription du site d’Angkor
sur la Liste du Patrimoine Mondial en donnant suffisamment
de protection juridique comme exigé par la Convention
du Patrimoine Mondial de 1972.
La loi inclut aussi les engagements internationaux du Royaume
du Cambodge dans le domaine de la protection du patrimoine
culturel et rend tangibles plusieurs dispositions d’incidence
indirecte incluses dans la convention sur le traffic illicite
de 1970.
La Police du Patrimoine
Culturel
En savoir plus
Inventaires des objets d’art
Des inventaires détaillés des objets d’arts
qui se trouvent dans les bâtiments nationaux institutionnels
(les musées nationaux et provinciaux, l’enceinte
de la Conservation d‘Angkor) ont été
réalisés avant les guerres des années
1970-80. Beaucoup d’objets in situ notamment les monuments
eux-mêmes furent aussi bien documentés si ce
n’est inventorié séparément.
Le défi auquel doit faire face le gouvernement khmer
est d’établir un inventaire d’après-guerre
du patrimoine artistique. En le comparant à la documentation
d’avant-guerre, cela servira de base pour l’identification
d’objet volé et permettra de les récupérer.
Des inventaires à jour sont, bien entendu, essentiels
afin de décourager ou même d’empêcher
plus de vols, et permettent de recouvrer les objets volés
de nos jours
À Angkor les premiers pas ont été
fait dans ce sens. Des spécialistes de l’art
Khmer de l’École Française d’Extrême-Orient
(EFEO), dont l’un d’entre eux avait déjà
participe à l’inventaire d’avant-guerres,
ont travaillé de 1994 a 1998 avec trois diplômés
du Département de l’Archéologie et avec
le soutien de l’UNESCO. Ils ont établi en nouvel
inventaire de la collection de statues en pierre de la Conservation
d’Angkor, déjà inventorié avant
les guerres récentes. APSARA prépare maintenant
une comparaison entre les inventaires d’avant et d’après-guerre
pour dresser une liste des objets disparus. L’École
Française d’Extrême-Orient possède
dans ses archives parisiennes des photos des objets inventoriés
avant-guerre. Cette recherche par archives permettra à
APSARA d’illustrer les objets disparus. Le document
final sera distribué à INTERPOLE et toute
autre agence travaillant en collaboration avec le gouvernement
khmer dans sa lutte contre l’art volé.
Ce travail s’inspire d’une publication ancienne,
les cent objets disparus : Le Pillage d'Angkor. Résultat
d’une collaboration entre le Conseil International
des Musées (ICOM) et l’EFEO ce livre publié
pour la première fois en 1993, révisé
et re-édité en 1997 présente des descriptions
illustrées de certain des objets les plus importants
de la collection de la Conservation qui ont été
volés entre les années1970 et 1990. Le livre
a eu un impact majeur sur la lutte contre le pillage de
l’art khmer, avec la restitution au gouvernement cambodgien
de nombreux objets publiés.
Campagnes de Sensibilisation
APSARA s’efforce de sensibiliser les locaux, les
nationaux et les communautés internationales concernées
sur tous les aspects du site d’Angkor : l’histoire,
les traditions, l’aspect social, environnemental et
la protection du patrimoine culturel. Voici quelques unes
des actions menées ces dernières années
à cette fin.
Au cours de l’année 1994-1995 APSARA a effectué
des recherches sur divers aspects d’Angkor pour compléter
les données rassembles par le projet ZEMP (Plan de
Zonage et de Gestion de l’Environnement, supervisé
par l’UNESCO, à la suite de l’inscription
temporaire d’Angkor sur la Liste du Patrimoine mondial).
Ceci afin de réaliser un document unique servant
de manuel de base de travail d’Angkor. L’ouvrage
terminé : Angkor, un Manuel pour le Passé,
le Présent et le Futur fut publié en 1996
par APSARA. La version anglaise fût rapidement suivi
d’une traduction française et khmère.
Le forum de Tani, sur la Gestion du Patrimoine Culturel
:
Dans le cadre des recherches sur les sites de fours angkoriens
découverts au village de Tani, le Département
de la Culture a tenu un forum sur la Gestion du Patrimoine
Culturel à Wat Run, près du village de Tani
en 1996. Ce forum a permis aux villageois ainsi qu’aux
chefs d’écoles et religieux d’échanger
des informations et des opinions sur la protection du patrimoine
culturel par les autorités locales, provinciales
et même nationales, tout ceci en présence de
membres de l’équipe internationale de chercheurs.
Pour l’occasion, APSARA a travaillé avec un
théâtre d’ombres local (sbaek touc),
créant un spectacle sur la protection du patrimoine
culturel. Le forum fut suivi par ce spectacle d’une
nuit, qui attira des villageois de toutes les régions
voisines. En 1998, APSARA a publié une brochure sur
la protection des fours angkoriens. Les trois versions,
khmères, anglaises et japonaises furent distribuées
dans toute la région aux personnes concernées.
Une autre brochure devait être publiée en 2002.
Dans le cadre de son projet continu pour développer
un programme de conservation complet pour les temples d’Angkor,
APSARA travail avec les autorités des villages et
districts du Parc d’Angkor pour promouvoir et sensibiliser
à la protection du patrimoine culturel et à
sa préservation. Ainsi que pour encourager l’établissement
de bonnes relations entre les villageois et les touristes
. Alors que les programmes scolaires portant sur ce sujet
restent à l'état de projet, les chefs des
communautés locales ont déjà commencé
à éduquer les villageois sur l’importance
de garder les enfants à l’école plutôt
que la satisfaction immédiate de les laisser chasser
le touriste autour du Parc… Les actions d’Éducations
et de culture pour les résidents sont encore à
mettre en place avec les pagodes bouddhistes situées
à l’intérieur d’Angkor Wat.
Sensibilisation par les Médias
En 1996 et 1997, lors de l’exposition de l’art
khmère tenue à Paris, Washington, Tokyo et
Osaka, une place prépondérante fut donnée
par les médias de ces pays aux problèmes du
pillage des temples khmers. Parmi les divers articles et
documentaires produits à cette époque trois
sont particulièrement importants :
• Une Équipe de télévision
de National Geographic a passé plus d’un an
à collaborer avec APSARA préparant un documentaire
sur le pillage d'Angkor. La première diffusion du
film fut le 31 août 1997.
• Une équipe de la télévision
franco-allemande ARTE travailla en mai 1997 avec le personnel
d’APSARA pour produire un documentaire de 52 minutes
sur la lutte contre le trafic illicite des biens culturels
Khmers.
• En Juillet 1997, le journal Français Le Monde
publia une série de 12 articles sur le trafic illicite
dans le monde entier. Une de ces séries, intitulait
« Les tribulations de la déesse d'Angkor »,
décrit l’odyssée internationale d’une
statue volée à la Conservation d’Angkor
(DCA 7081) et finalement restituée aux autorités
cambodgiennes le 2 juin 1997
De nombreux autres documentaires et articles de journaux
ont été produits sur le sujet depuis l’exposition
de 1997. Les médias nationaux khmers ont commencé
surtout depuis 1998 - 99 à donner une couverture
importante sur le problème à Angkor et ailleurs
dans le pays.
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