Avantages et inconvénients des découvertes

Les découvertes récentes de fours angkoriens dans la région d’Angkor provoquent de l’excitation et de l’inquiétude. Les villageois connaissent peut-être ces sites ancestraux depuis des siècles, mais ce n’est qu’aujourd'hui, que leurs existences est révélé au monde extérieur. L’un des sites a été trouvé par hasard lors de la construction d’une nouvelle route, le tracteur déterrant couches après couches de débris de poteries. Une équipe de démineurs, déminant un terrain pour que les fermiers puissent planter du riz et construire des écoles, a été la première à déclarer l’existence d’autres sites aux autorités scientifiques nationales et internationales. Cependant, c’est l’apparition d’importantes quantités de poteries sur les marchés d’antiquités domestiques et internationaux, qui les premiers ont indiqué l’importance du potentiel de ces découvertes.

Les recherches commencent à confirmer, que ce qui semblait n’être que des fours isolés, sont en vérité de véritables centres de productions de céramiques. Trois sites ont déjà été identifiés au nord-est du Parc Archéologique d’Angkor ainsi que deux autres dans les montagnes Kulen. Répartis dans les villages ou, dans les rizières les fours ressemblent à de simples tertres qui pour un œil non averti ne sont qu’une variation naturelle du paysage typique khmer. Enterrés profondément on trouve non seulement les sites des fours, mais aussi des couches et des couches de morceaux de pots et de vases d’urnes et de tuiles. La plupart ne sont plus que des restes, des morceaux incomplets délaissés par les artisans de l’époque sur le site ou bien à l’intérieur des fours. D’autres restent intacts, leur beauté simple amène une réflexion sur la vie et les coutumes des khmers à cette époque.

Un pot avec couvercle trouvé sur le site de Tani, 1997
Bien conservés, ces objets nous serviront à résoudre bien des questions sur les secrets d’Angkor. Des réseaux illégaux allants du villageois khmer – a l’intermédiaire du marché noir — jusqu'aux touristes domestiques et internationaux ou bien à l’amateur d’art conduisent à la triste destruction de ces composants essentiels du patrimoine culturel Cambodgien. La pauvreté amène les villageois à fouiller ces sites, jusque-là laissés intacts par leurs ancêtres pendant des siècles. Les articles sont alors revendus à des intermédiaires pour la plupart des soldats brandissant des armes, qui, soit les revendent à des marchands d’art locaux ou de l’autre côté de la frontière Thaï a un deuxième intermédiaire qui l’amène à un marchand de Bangkok pour le vendre en Thaïlande ou à l’étranger. L’offre correspondant à la demande. Le sol Cambodgien est à nouveau marqué, son histoire pour toujours obscurcie par cette malheureuse conjonction nationale et internationale de l’appréciation de l’art Khmer, son exploitation cynique et la pauvreté aiguë.
Un pot entier soi-disant découvert près du Phnom Bok et acheté par un leader de temple de Siem Reap, qui a pris l’initiative d’acheter des céramiques antiques afin d’éviter leurs exportations. Même s’il est bien intentionné, ce gardien de la culture peut par inadvertance encourager le commerce illégal, 1996.
Débris d’un pot utilisé par les villageois sur une cuisinière extérieure, village de Tani, 1997

L’acheteur pense peut-être contribuer à la protection d’antiquités khmères, néanmoins par l’incitation aux fouilles illégales ainsi qu'en gardant les pièces dans une collection privée sans connaissance de leurs provenances, l'acquéreur contribue à perpétuer la destruction du patrimoine cambodgien. Partie intégrante du patrimoine national et mondial chaque morceau de poterie que ce soit un vase complet ou un petit débris de tuile, s’il est extrait de manière scientifique et conservé dans une collection publique contribue à la compréhension du passé Angkorien.

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