Le potentiel de recherches
Les temples majestueux disséminés
sur la plaine angkorienne témoignent de l’accomplissement
des anciens rois khmers, du raffinement esthétique
et du talent artisanal de son peuple, de leur ferveur religieuse
et de son immense pouvoir. Pendant plus d’un siècle,
les chercheurs ont étudié l’architecture
d’Angkor, l’art religieux et les inscriptions
sur les pierres afin de reconstituer l’histoire de
l’empire. Nous connaissons maintenant la succession
des monarques et le destin de ces rois. Effectivement, si
beaucoup a été appris, il reste tout autant
à découvrir. Par exemple de quelle manière
vivait le peuple ? Comment conservaient-ils l’eau,
la cire ? Comment enterraient-ils leurs morts ? Utilisaient-ils
des assiettes et des bols ? Si oui avec quels matériaux
étaient-ils construits ? Qui les fabriquaient et
comment ? Ces questions parmi tant d’autres peuvent
être répondues à travers l’étude
des sites des fours. Mais précisons-le encore une
fois, seulement s’ils sont sauvegardés. Une
fois sur le marché noir un objet perd sa valeur historique
initiale. Si les sites sont illégalement fouillés,
les méthodes artisanales antiques sont perdues à
jamais. Des fours fabriquant des poteries vernissées
en vert ont été découverts par les
chercheurs dans les montagnes Kulen au nord de la plaine
d’Angkor au début du XXe siècle. Cependant,
les vicissitudes de l’histoire ont jusqu'à
présent empêché une véritable
fouille de ces sites.
Des fours khmers situés sur le territoire actuel
de la Thaïlande ont été étudiés
attentivement, révélant les techniques et
les styles de cette ancienne province khmère. Beaucoup
de spéculations ont entouré la production
angkorienne. Même si on trouve la poterie khmère
en abondance sur le Parc Archéologique, son utilisation
exacte, son lieu et son époque de fabrication précise
restent un mystère. Certaines sortes d’objets
semblent avoir été seulement fabriquées
dans les provinces et transportées pour être
utilisées dans la capitale. Beaucoup pensent que
les articles d’importations étrangères
– principalement de Chine — furent utilisés
à la cour, alors que la production locale faisait
l’objet d’un usage plus mondain. Les techniques
et les styles semblent avoir subi l’influence considérable
de la Chine. Il reste encore beaucoup à apprendre
là-dessus et beaucoup de questions restent sans réponses.
Car la connaissance de l’évolution des techniques
et styles de fabrication des céramiques est une des
clés permettant de faire une stratigraphie des couches
et des structures associées. Les archéologues
espèrent que les récentes découvertes
des sites de fours vont accroître leur compréhension
du cheminement chronologique de la civilisation angkorienne.
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